Le Congrès des centres de santé 2026, organisé par l'Union syndicale des professionnel-le-s des centres de santé (USPCS) s'est tenu les 8 et 9 octobre 2026 à l'Asiem, autour du thème "Les centres de santé face aux défis de demain !".

À cette occasion, la FNCS a participé à deux tables rondes : "Le centre de santé, outil de cohésion sociale", et "Le financement des structures d’exercice coordonné, un enjeu de santé publique". En fil directeur de ces échanges : la santé ne se résume pas au soin, et le paiement à l'acte ne suffit plus. 

Le centre de santé : au-delà du soin, un outil de cohésion sociale 

Autour de cette table ronde, plusieurs intervenants : 

  • Hélène Colombani, présidente de la FNCS
  • Arnaud Bontemps, président de la coopérative communautaire Santé Bien-Être (CCSBE), gestionnaire du centre de santé La Place Santé, Saint-Denis (93) et porte-parole de Nos Services Publics
  • Marine Combourg, co-présidente de l’USPCS
  • Benoît Carini-Belloni, sociologue, Université Paris Cité
  • Laïla Legsayer, co-présidente du collectif Co’Santé, Pays de la Loire

Table ronde animée par Éric May, médecin-directeur du centre municipal de santé (CMS) de Malakoff (92).

Les échanges ont mis en lumière le rôle essentiel des centres de santé dans l'accès aux soins, la prévention et le lien social. Ce rôle s'inscrit dans plus d'un siècle d'histoire, avec des centres de santé qui portent depuis l'origine une conception de la santé comme droit social : une médecine d'équipe, salariée, ouverte à toutes et tous.

Cet engagement se traduit aujourd'hui par de nombreuses actions qui recréent du lien social et permettent aux patients de devenir pleinement acteurs du centre. Elles restent pourtant peu visibles et souvent peu financées. Créé par Co’Santé avec l’appui du Groupe de Recherche sur l'Utilité Sociale (GREUS), le label "Utilité sociale – Centre de santé engagé" est remis chaque année aux centres de santé adhérents qui s’engagent, avec l’accompagnement du collectif, dans une démarche d’évaluation de leur contribution à l’accès aux soins et à la cohésion sociale. 

Plusieurs leviers ont été identifiés pour l'avenir : 

  • La prescription sociale. La santé dépend largement de facteurs sociaux comme l'isolement. Lorsqu'un soignant repère une telle situation, il peut orienter le patient vers un agent de liaison qui construit avec la personne un projet adapté : activité physique, culture, nature, lien social. Encore peu développée en France, la démarche fait l'objet d'une recherche-action avec des centres de santé et CPTS. En Angleterre, chaque équipe de soins primaires dispose d'un agent de liaison financé. 
  • La pérennisation des expérimentations article 51, comme PEPS et SEC-Pa, pour sortir du paiement à l'acte. Ces modèles doivent pouvoir bénéficier à tous les centres qui le souhaitent, et non à un nombre limité de structures. 
  • La construction d'un service public territorial de santé, pensé à partir des besoins des patients et accessible partout en France. 

Le financement des structures d’exercice coordonné, un enjeu de santé publique  

Cette table ronde réunissait :

  • Hélène Colombani, présidente de la FNCS
  • Samuel Delafuys, directeur adjoint, DGOS
  • Julie Gaillot, cheffe de projets du dispositif  "Article 51"
  • Emmanuel Frère-Lecoutre, directeur de l’offre de soins, CNAM
  • Émilie Henry, directrice, AVECSanté
  • Benjamin Cohadon, Réseau des centres de santé communautaires et membre du Collectif SEC-Pa
  • Igor Martinache, économiste et maître de conférences, Université Paris Nanterre

Table ronde animée par Éric May, médecin-directeur du centre municipal de santé (CMS) de Malakoff (92) et Guillaume Pelletier, directeur de l'AGECSA à Grenoble (38).

Les échanges ont mis en évidence trois enjeux majeurs pour l’avenir des centres de santé :

1. L'équipe pluriprofessionnelle face aux besoins actuels 

Vieillissement, maladies chroniques, vulnérabilités sociales : les échanges ont souligné l'intérêt du travail coordonné pour une prise en charge globale des patients. Une personne âgée peut avoir besoin, dans le même temps, d'un médecin, d'un infirmier et d'un travailleur social. Ce qui compte alors, c'est l'articulation entre eux, construite autour d'un projet de santé partagé. 

2. Faire évoluer les modes de financement 

Les centres de santé restent financés à 80 % à l'acte, un modèle qui valorise peu le temps de coordination, les réunions pluriprofessionnelles ou les situations complexes. Les expérimentations de l'article 51 explorent d'autres modèles de rémunération.

PEPS, fondé sur un forfait versé à l'équipe – rémunération ajustée au risque, définie selon la typologie des patients (capitation) – a renforcé la coordination, la délégation de tâches et l'accueil de nouveaux patients, sans sélection de patientèle.

SEC-Pa, dédié aux publics en situation de précarité, finance la médiation, l'interprétariat et l'accompagnement social. Son inscription dans le PLFSS est une avancée, même si elle reste limitée à un nombre restreint de structures. 

3. La place de la prévention 

Les centres de santé portent de nombreuses actions de prévention, aujourd'hui indissociables de la santé du patient. Leur financement reste pourtant fragile. Il repose surtout sur des appels à projets, utiles, mais de court terme, chronophages à monter, qui ne permettent ni de pérenniser les postes ni de partir des besoins réels des territoires. 

 

La FNCS remercie toute l’équipe de l’USPCS pour l’organisation de cet événement et la réussite de ce congrès.

Crédit photos : Jules Le Du

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